Universités : la Scandinavie, major de promo
Aux pays de Thor, du Walhalla et des Walkyries, on ne badine pas avec l’éducation. Pis, l’enseignement est décrété priorité d’Etat. Aujourd’hui, le modèle scolaire scandinave, du primaire au supérieur, est respecté, envié et copié, dans le monde entier. Enquête et mission éducatrice entre les fjords, les aurores boréales et les kilomètres de piste cyclable.
La stratégie du dialogue et de l’écoute
La Scandinavie, c’est trois pays de l’Union européenne (Suède, Danemark et Finlande) et la Norvège, qui a signé les accords de Schengen, sur l’ouverture des frontières. Voisin proches et isolés, les Etats du nord de l’Europe entretiennent une profonde connivence en matière de politique sociale, d’économie et d’éducation. Tous manient à la perfection l’économie sociale de marché, un capitalisme de dialogue et d’écoute.
Nikita, 1ere année de biologie à l'université de Copenhague
"Je ne suis là que depuis deux semaines, c'est tout nouveau. Je ne suis pas comme tous les étudiants étrangers car j’ai un statut de résidente, donc je suis considérée comme Danoise et pour moi c'est gratuit. J'ai 5 heures de cours par semaine mais énormément de travail en dehors. L'année dernière, j'étais à l'université de Nottingham en Grande-Bretagne, et les profs étaient moins attentionnés qu'ici."
Cette recherche du consensus et de la négociation se retrouve à tous les niveaux de l’éducation. La Finlande, souvent vantée comme la meilleure école du monde, propose une école publique, gratuite et obligatoire de 7 à 16 ans. Le redoublement n’existe presque pas. En cas de difficultés, les meilleurs élèves de la classe sont chargés d’aider les plus faibles. Des professeurs de soutien sont mis à leur disposition. Il arrive qu’il y ait trois ou quatre professeurs pour chaque classe, ainsi l’élève identifie et assimile des méthodes de travail différentes.
Ici, ce n’est pas la loi du plus fort, de la jungle, mais de l’ensemble et tous pour un, du travail d’équipe. En Finlande, on avance pas à pas dans une éducation intégratrice sans stratégie d’échec. Les élèves arrivent dans l’enseignement supérieur en position favorable. Et les résultats sont probants. Dans le classement PISA de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), la Finlande apparaît en première position pour les mathématiques, et se classe deuxième mondiale derrière la Corée du Sud pour la compréhension de l’écrit (la France est respectivement 13e et 14e). C’est donc une question de méthode, plus que de moyens, la Finlande ne consacrant que 6,2 % de son PIB à l’éducation, contre 6,9 % pour la France.
Des moyens importants dans l’enseignement supérieur
Les Etats scandinaves dépensent néanmoins davantage de moyens pour l’enseignement supérieur que la plupart des pays européens. En 2004, toujours selon l’OCDE, la Suède consacrait 1,8 % de son PIB pour l’enseignement tertiaire contre 1,3 % pour la France et 1,1 % pour le Royaume-Uni. Pour chaque élève, l’université dépensait 16 000 dollars par an en Suède, 15 000 au Danemark et en Norvège, 13 000 en Finlande, et 11 000 dollars en France.
Le classement de Shanghaï place même 8 universités scandinaves parmi les 100 premières mondiales.
Sophie Nalin, a étudié en Erasmus au Danemark :
"Au Danemark, l'université est un lieu d'apprentissage qui semble être beaucoup plus pris au sérieux qu'en France. Les facultés disposent de plus de moyens, les étudiants sont tous bénéficiaires d'une bourse. De plus, les entreprises servent de mécènes et financent les universités. Ce sont des lieux accueillants, soit très anciens, soit très modernes. Tout est fait pour qu'on s'y sente bien et qu'on puisse apprendre correctement. Les étudiants sont biens pris en charge, et les relations prof/élèves sont simplifiées par Internet."
Parmi les Erasmus français, tous les témoignages concordent : il existe une différence de classe entre les universités nordiques et les universités françaises. Pour Sophie, qui a étudié en Erasmus à Copenhague, « tout est fait pour qu'on s'y sente bien et qu'on puisse apprendre correctement. L'université est un lieu d'apprentissage qui semble être beaucoup plus pris au sérieux qu'en France. Les facultés disposent de plus de moyens, les étudiants sont tous bénéficiaires d'une bourse. De plus, les entreprises servent de mécènes et financent les universités. »
Les universités de Copenhague, Oslo, Stockholm et Helsinki sont réputés dans le monde entier pour la qualité de leurs études et pour la part importante donnée à la recherche et au développement. L’université d’Uppsala, au nord de Stockholm, et plus ancienne faculté de Scandinavie, possède une impressionnante bibliothèque de plus de 5 millions d’ouvrages.
Une philosophie, l’éducation pour tous
Chaque pays scandinave donne un accès à l’éducation et à l’enseignement supérieur pour tous, totalement gratuit. En Suède, la gratuité de l’enseignement, de la maternelle au supérieur, est même inscrite dans la loi. Les bourses sont très développées. Pour la durée de ses études, l’Etat prête une somme d’argent à l’étudiant, que celui-ci devra rembourser dès qu’il aura obtenu un emploi. Mais le taux de remboursement étant de 4 % du salaire, le prêt n’est presque jamais remboursé en totalité.
L’éducation pour tous vise aussi l’ouverture. En 2007/2008, les Français ont été 3346 à partir étudier en Scandinavie, soit environ 15 % de l’ensemble des départs Erasmus. En Scandinavie, l’anglais est officieusement la deuxième langue et reste parlée de partout, même dans les campagnes. Une grande majorité de cours et de diplômes sont donc assurés en anglais, ce qui facilite grandement les échanges entre les universités européennes. L’intégration est une valeur essentielle en Scandinavie. Comme l’explique Sophie, « des activités extra-universitaires sont organisées pour les étudiants Erasmus. Un système de parrainage est mis en place. Les étudiants Erasmus peuvent être intégrés à la vie étudiante danoise. En France, il n'y a rien de tout ça ! ».
Elisa PERRIGUEUR, Mathieu MARTINIERE.
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Commentaire : Daniel Henri : "le manuel franco-allemand encourage les jeunes à se connaître"
Elsa 75
Oui, tu peux le commander (cf en savoir plus)Commentaire : Daniel Henri : "le manuel franco-allemand encourage les jeunes à se connaître"
Evisa
Très bonne initiative!!! Est-il disponible en librairie?Commentaire : "Les insolites" des Euronautes n°6
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@Alprazolam : les députés français ...
Commentaire : "Les insolites" des Euronautes n°6
Alprazolam
Hum... Le post concernant les parlementaires bulgares me ...Questions / réponses
Bons plans
En savoir plus
- Danemark : http://www.ciriusonline.dk/
- Suède : www.studyinsweden.se
- Norvège : www.france.no
- Finlande : http://www.info-finlande.fr/


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Le succès scandinave n'est pas uniquement une question de "moyens"!
Soumis à un statut de droit commun-qui exclut les ahurissants privilèges du statut français-l'enseignant scandinave est discipliné ,dévoué et irreprochable!Rien à voir avec le comportement"décontracté"(pour ne pas dire plus!!!) de nombreux enseignants français!
En fait,le succès éducatif scandinave n'est que le reflet d'un système social fondé sur la discipline,le travail,la solidarité et la stricte application de la règle du droit!
Un exemple:plus de 90% de la population scandinave est correctement bilingue,moins de 10% de la population française!
Il est clair que la politique éducative des pays scandinaves est un modèle qui devrait être adopté par la plupart des pays européens. J'ai effectué ma dernière année de lycée a Stockholm et j'ai été surprise par la qualité du système éducatif suédois.