Erasmus: destination la France!

Erasmus: destination la France!

déposé le 08/12/2008
,
Jurate

«Préhistoire»

Mon «aventure européenne» a commencé avec un rêve de gamine: devenir diplomate, parcourir le monde et représenter mon beau petit pays: la Lituanie. Il va donc de soi qu’au bout du troisième semestre de cours en sciences politiques et relations internationales à l’université de Vilnius, j’ai déposé ma candidature dès que possible afin d’être sélectionnée pour un séjour d’études à l’étranger.

 

Mais, anglophone et anglophile, je comptais partir en Grande Bretagne. Or, mon université n’avait signé de convention avec aucune université anglo-saxonne. Toujours autant motivée de partir étudier à l’étranger, j’ai demandé à être envoyée en France et j’ai été sélectionnée.

 

Alors, un second obstacle est apparu, et de taille! Au moment de la sélection, je ne parlais pas français (cette année mon université ne demandait pas d’attestation sur le niveau de langue pour postuler et ... j’en ai profité). J’avais essayé de prendre des cours au centre culturel français auparavant (toujours en espérant réaliser mon rêve – le français est la langue des diplomates, non?) mais j’avais l’impression que l’on n’avançait pas assez vite, et que c’était une perte de temps et d’argent, donc j’ai arrêté.

 

«Bienvenue chez les Bretons»

En septembre 2005, je suis arrivée en France pour passer mon année Erasmus à l’IEP de Rennes. Finalement, j’avais pris 3 semaines de cours intensifs de français juste avant de partir et je savais donc dire «Bonjour, je m’appelle Jurate» et conjuguer «être» et «avoir». Malgré les impressions mitigées des quelques premiers jours où on devait découvrir les joies des contacts avec l’administration et la bureaucratie française, j’ai senti dès le début que j’allais passer une des plus belles années de ma vie.

 

Pour commencer, je suis toute suite tombée amoureuse de Rennes (dont je n’avais jamais entendu parler auparavant et que j’imaginais un peu comme une petite ville au milieu de nulle part…). C’est une ville relativement petite (enfin, après Paris, Londres ou Barcelone…), extrêmement belle (elle me rappelait beaucoup ma Vilnius adorée..), et surtout – pleine d’étudiants dont une parti importante sont étrangers. On y fait beaucoup la fête et on a l’impression que «ça bouge» tout le temps.

 

Cette année à Rennes m’a appris beaucoup de choses. Déjà, j’ai découvert la fameuse «méthode Sciences Po» (au bout d’un moment, j’avais l’impression de parler à ma mère au téléphone en utilisant le plan «deux parties, deux sous-parties»…) et j’ai appris la langue (mes nouveaux amis suivaient de très près mes progrès: «tiens, c’est la n-ème semaine que t’apprends le français et tu parles déjà comme ça!?»). Puis, c’était un moment très intéressant dans la vie politique et sociale française, des événements qui n’ont pas et n’aurait probablement jamais eu lieu dans mon pays: la «crise des banlieues», le mouvement anti-CPE, des grèves diverses et variées…

 

Le fait de partir à l’étranger m’a fait gagner en autonomie: même si je n’habitais plus avec ma famille depuis un moment, c’était la première année où j’étais financièrement indépendante, car ma «bourse Erasmus» couvrait tous mes dépenses. Cela dit, ce qui m’a le plus marqué de cette année à l’étranger, c’est la vie dans une ambiance internationale et très multiculturelle. Dès la semaine d’intégration à l’IEP, une véritable «communauté Erasmus» s’est formée, un microcosme, une famille qui faisait tout ensemble: les soirées, les cours, la cuisine (on était très nombreux à habiter dans le même bâtiment d’une cité U et on en profitait)... On venait des quatre coins du monde, on était tous différents, ce qui était très enrichissant mais pas toujours évident. J’étais la seule Lituanienne parmi les étudiants étrangers, mon pays venait juste d’adhérer à l’UE et comme il y avait très peu de gens qui en avait entendu parler (au début j’ai été vraiment choquée par cette ignorance «inadmissible») j’ai dû le «(re)présenter» et surtout répondre aux mêmes questions encore et encore: «la Lituanie? C’est où?», «La langue officielle, c’est le russe? Non!? Tu es sûre?? Mais ce n’en est sûrement pas très différent?». Celle qui me semblait la plus ridicule, c’était «Bon alors, est-ce que vous commencer de vous sentir Européens depuis l’adhésion?»; comme si avant mai 2004 la Lituanie se trouvait sur un autre continent ou une autre planète… J’ai donc appris de ne pas prendre mal les réflexions des gens qui ne connaissent pas la Lituanie mais certains propos ont quand même mis ma tolérance à l’épreuve: quand un Polonais nationaliste m’a fait une réflexion que Vilnius (la capitale lituanienne) appartenait aux Polonais, j’ai juste suggéré de ne pas rentrer dans ce débat où on risquait de ne pas trouver d’accord. Cependant, quand une étudiante russe, lors d’un cours où je présentais un exposé sur les minorités ethniques en Lituanie, m’a exigé de retirer mes observations sur l’occupation soviétique des pays baltes (parce que, d’après ce que l’on enseigne aux écoles et universités russes, une telle occupation n’a jamais eu lieu: c’était une libération), j’en suis restée muette. Un semestre plus tard, ayant suivi un cours d’histoire de l’Europe, la même fille est venue me voir pour dire qu’elle avait eu tort de m’avoir accusée de mensonge. Bref, durant cette année en France, je me suis souvent retrouvée dans des situations «inédites» qui m’ont fait sortir de ma «zone de confort», surmonter des stéréotypes et des préjugés.

 

L’« après-Erasmus»: l’aventure continue

 

On m’avait prévenu avant de partir en France qu’un léger «choc culturel» serait tout à fait normal. Paradoxalement, moi, j’ai eu un énorme choc culturel quand il a fallu se réintégrer en Lituanie! Au début j’ai eu l’impression que les seuls à me comprendre c’était les autres anciens Erasmus; l’ambiance multinationale me manquait. Finalement, j’ai décidé de poursuivre mes études à l’étranger: à peine un an après mon retour en Lituanie, j’avais obtenu une bourse et, une lettre d’acceptation à un programme de master à Sciences Po dans la poche, je faisais mes valises pour repartir en France. Un jour, je vais probablement retourner en Lituanie, je vais peut être même reconsidérer l’option de devenir diplomate (même si après mon stage au MAE je trouve que cette noble profession n’est pas assez valorisée chez nous). Pour l’instant, je profite des possibilités que m’ouvre le fait de parler plusieurs langues ainsi que la capacité de s’adapter.

 

Donc, pour les sceptiques qui pensent qu’une année à l’étranger est une année perdue (soit disant, on ne fait que la fête), je veux dire que non seulement je n’ai rien perdu mais j’ai tout gagné. Et je continue à en recevoir des «dividendes»…

2 commentaires
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Commentaire :
Bonjour,
je suis etudiante en premiere annee a l'Institut d'Architecture et Urbanisme Ion Mincu de Bucarest, Roumanie, ou je recoit deja une bourse d'exellence.
J'ai en vue de partir pour une annee en mobilite Ersamus a l'Ecole Natioanle d'Architecture Paris -LaVillette.
Le probleme est que je ne crois pas pouvoir me debrouiller financierement et cherche desesperement une bourse ou aide financiere de quelque sorte. Pourais-tu me donner conseil? A qui m'adreser? Je ne sais plus ou chercher.
Ioana
Commentaire :
Bonjour Ioana,

Si j'ai bien compris, tu veux venir en France pour une annee dans le cadre du programme Erasmus (je suppose que ton ecole a un accord d'echange avec l'ecole d'architecture a Paris?) et puis revenir continuer tes etudes en Roumanie. Dans ce cas la, je crois que tu maintiens ta bourse d'excellence que tu as en Roumanie et tu as droit (sauf exception) a une bourse de mobilite. Apres, il y a aussi les bourses du gouvernement francais (faudrait se renseigner aupres de l'ambassade de France en Roumanie). Enfin, tu peux aller sur le site www.edufrance.fr peut etre tu y trouveras d'autres elements utiles.
Sinon, si t'as d'autres questions ou t'as besoin de conseils, n'hesite pas a m'envoyer un message

Jurate

Bonjour Ioana,

Si j'ai bien compris, tu veux venir en France pour une annee dans le cadre du programme Erasmus (je suppose que ton ecole a un accord d'echange avec l'ecole d'architecture a Paris?) et puis revenir continuer tes etudes en Roumanie. Dans ce cas la, je crois que tu maintiens ta bourse d'excellence que tu as en Roumanie et tu as droit (sauf exception) a une bourse de mobilite. Apres, il y a aussi les bourses du gouvernement francais (faudrait se renseigner aupres de l'ambassade de France en Roumanie). Enfin, tu peux aller sur le site www.edufrance.fr peut etre tu y trouveras d'autres elements utiles.
Sinon, si t'as d'autres questions ou t'as besoin de conseils, n'hesite pas a m'envoyer un message

Jurate

Bonjour,
je suis etudiante en premiere annee a l'Institut d'Architecture et Urbanisme Ion Mincu de Bucarest, Roumanie, ou je recoit deja une bourse d'exellence.
J'ai en vue de partir pour une annee en mobilite Ersamus a l'Ecole Natioanle d'Architecture Paris -LaVillette.
Le probleme est que je ne crois pas pouvoir me debrouiller financierement et cherche desesperement une bourse ou aide financiere de quelque sorte. Pourais-tu me donner conseil? A qui m'adreser? Je ne sais plus ou chercher.
Ioana

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